Pr Jean-Pierre ELONGI MOYENE

Resumé

Les déterminants de la saisonnalité de la prééclampsie et éclampsie à Kinshasa

Objectifs

Cette étude visait à déterminer les facteurs à la base de la forte prévalence et de la saisonnalité de la pré-éclampsie à Kinshasa.

Matériel et Méthode

Des études épidémiologiques, descriptives et comparatives ont été menées parmi les gestantes atteintes de l’affection ou non pour, d’une part évaluer la prévalence de la maladie dans la ville et déterminer l’influence de la variation saisonnière et d’autre part apprécier le rôle de facteurs environnementaux sur la survenue de la maladie et sur sa saisonnalité.

Résultats

  • La prévalence de la pré-éclampsie est estimée à 8,5% dans la ville de Kinshasa. Elle est significativement plus élevée pendant la saison sèche, mais non liée de façon directe à un facteur météorologique.
  • La variation saisonnière de la pré-éclampsie n’est pas associée à la modification rhéologique du sang, mais plutôt à des facteurs environnementaux
  • La faible concentration urinaire des substances anti-oxydatives comme le sélénium notée dans la population générale de Kinshasa comme aussi chez les pré-éclamptiques, surtout pendant la saison sèche est en corrélation avec la saisonnalité de la maladie. Elle traduit la faible consommation des aliments pourvoyeurs comme légumes verts et fruits, observée dans cette population surtout en saison sèche.
  • Les gestantes atteintes de pré-éclampsie dans la ville de Kinshasa présentent de fortes concentrations urinaires de Al, Cr, Mn, Co, Ni, Cu, Zn, Cd, Sn, Sb, Ba, Pb, U ; dont certaines comme celles de Pb sont corrélées à la survenue de la maladie et à sa saisonnalité.

Conclusion

Les faibles apports en antioxydants dus à la faible consommation des légumes verts et fruits ainsi que les contaminations aux métaux toxiques comme le plomb sont des facteurs à la base de la forte prévalence et de la saisonnalité de la pré-éclampsie à Kinshasa sur lesquels on doit agir pour la prévention.